L’aspect sombre de la plupart des produits issus de l’industrie chimique

Rédigé par Aquideas Aucun commentaire
Classé dans : Environnement Mots clés : aucun

pb2306-2polutchimpc1plagbouteil.jpg

Suite aux activités humaines (agriculture1, industries2, pratiques urbaines3), on assiste à une contamination de l’air, de l'eau ou du sol, celle-ci étant physique4, chimique ou biologique.

Tous ces polluants (pesticides, comme les hydrocarbures ; plastiques ; résidus de médicaments5 ; nitrates ; phosphates ; solvants ; fumées toxiques ; etc.) forment une pollution normalement absentes ou présentes à une concentration nettement plus faible (naturelle) dans l'environnement.

Ces contaminants altèrent notamment l'atmosphère et la couche d'ozone, accélérant ainsi le dérèglement climatique. De plus, ils perturbent les éco-systèmes dans lesquels la vie se développe. L’effet létal des pesticides se fait sentir non seulement sur les humains, mais également sur la faune (comme la réduction et disparition de certains insectes qui sont des contrôleurs naturels d’autres néfastes) et la flore (comme la réduction drastique de lichens et coquelicots, témoins d’un environnement très sain).

Tous ces produits chimiques entrent inévitablement en contact avec le corps humain et perturbent le bon fonctionnement de ce dernier. Cela conduit inévitablement à l’apparition d’effets pervers sur la santé. C’est le cas de nombreuses perturbations endocriniennes, déformations génétiques et malformations dans le développement du corps.

Qu’ils soient solides, liquides ou gazeux, les produits chimiques empruntent trois voies principales pour pénétrer dans l’organisme : inhalatrice, cutanée ou digestive. Certains stades de la vie sont particulièrement sensibles à toutes ces particules polluantes : c’est le cas des femmes en âge de procréer et de celles enceintes, les bébés, les jeunes enfants et les gens plus âgés pour ne citer que ceux-là. Mais ne croyez pas, à tout âge nous devons encaisser toutes ces agressivités chimiques !

Des études montrent également que la production de produits chimiques a été considérablement multipliée depuis 1950 (certains disent par 50). Et au rythme à laquelle ce secteur se développe, ces produits exploseront davantage à l’avenir si rien n’est tenté pour les contrôler.

Ainsi, des régulations plus strictes en matière de pollution chimique6 devraient être mises en place, sur le même modèle que celles permettant de lutter contre les gaz à effet de serre et émissions de dioxyde de carbone. Un soupçon de lutte est encore loin d’avoir des effets réversibles. Vous me direz ...au moins, on commence à en prendre conscience, mais combien de temps devrons-nous encore attendre des actions plus sérieuses ...car les politiques officielles ne sont pas encore prêtes à enrailler les effets dramatiques sur la santé à cause des trop grands intérêts financiers mis en jeu pour leurs budgets annuels ! Des lois commencent à être adoptées, mais ...trop peu sont mises à exécution !!!

Les environnements aquatiques n’échappent pas non plus aux effets néfastes de tous ces polluants, car par dilution/dégraissage/précipitation toutes ces molécules chimiques sont déversées (par simple gravité) dans les ruisseaux, rivières et fleuves, puis conduites aux estuaires, pour enfin se déverser dans les mers et océans.

En aquaculture, comme dans l’élevage des poissons et crustacés d’intérêt économique, de plus en plus d’entreprises professionnelles responsables cherchent toujours à minimiser ces contaminations indésirables afin d’obtenir des produits sains pour les consommateurs. Au fil des dernières décennies, bien d’exploitations ont baissé ou éliminé l’usage de produits sanitaires provenant de l’industrie chimique7. Ainsi, on a petit à petit banni beaucoup de leurs produits ce qui implique, en contrepartie, des rendements bien inférieurs. Cela, le fisc devrait également en tenir compte...

Pour montrer comment la pollution chimique des eaux peut affecter les poissons, je ne prendrai que deux exemples :

(1) Plusieurs études ont démontré que l’incorporation dans l’eau de rejets de résidus de contraceptifs (œstrogène ; par les urines) modifie le sexe des poissons provoquant un déséquilibre dans la répartition sexuelle ;

(2) En Amérique centrale, l’eau alimentant plusieurs étangs piscicoles dans une région de Costa Rica traversait une importante plantation de bananiers où était appliqué périodiquement un nématocide. Après 6 mois d’élevage, tous les poissons furent scoliosés (lorsque mis à plat sur une table, ils présentaient une déformation en forme de tôle ondulée).

pb2306-2polutchimpc2poisskelet.jpg

En haut : poisson normal.

En bas : exemple de poisson scoliosé

(Crédit : Princeton, 2016)

Ainsi, il faut toujours privilégier la protection des eaux naturelles afin d’éviter toute possible contamination externe, surtout si celle-ci est engendrée par une source industrielle qui vise le profit et veut s’imposer au mépris de la bonne santé des êtres vivants.

Références :

  • Atmo France8, Anses/Ineris

  • cdg62.fr

  • Cycle de l'eau : une sixième limite planétaire vient d’être franchie, c’est la deuxième cette année (novethic.fr)

  • deavita.fr

  • Fish with creepy curved backbones could help explain scoliosis, Rebecca Burdine, Princeton University, U.S.A., 2016.

  • inrs.fr

  • lermab.univ-lorraine.fr

  • Les rejets de médicaments sont-ils une menace pour nos rivières et nos cours d'eau ? (Xavier Leflaive, chercheur à l'OCDE ; invité en 2021), Catherine Pottier, 2022 (francetvinfo.fr)

  • Recherche du Stockholm Resilience Centre et de l’université de Göteborg, Environmental Science & Technology, The Guardian, 2022

  • Résultats de la campagne nationale exploratoire de mesure des résidus de pesticides dans l'air ambiant, LCSQA, 2018-2019 (www.lcsqa.org)

____________________________

1 Comme l’application d’engrais, la pulvérisation contre les mauvaises herbes et insectes,... qui finissent tous dans les nappes phréatiques ou dans les cours d’eau par ruissellement.

2 Par exemple, souffrance du bétail en stabulation sur une ligne d’ondes magnétiques émises par des cables électriques aériens ou enfuis dans le sol.

3 Eaux usées, toilettes/latrines, odeurs liées à la décomposition/fermentation dans les caniveaux et sur les terrains d’immondices, toits mal isolés, etc.

4 Comme le bruit qui est une pollution sonore nuisible dans bien des cas.

5 Il est à noter que la pollution médicamenteuse provient également des excréments et urines des êtres vivants prenant des traitements médicamenteux (humains, animaux domestiques ou bétail agricole, surtout lorsque cet élevage est intensif). Elle est principalement liée au fait que les stations d’épurations ne sont pas équipées pour éliminer les produits pharmaceutiques. Mais d'autres causes sont aussi identifiées, parmi lesquelles le vieillissement des infrastructures de traitement et la perméabilité croissante qui en découle, les débordements des réseaux d'eaux usées, notamment en cas de fortes précipitations, ainsi que le ruissellement des eaux agricoles.

6 Notez que les mélanges chimiques contenus dans les produits de nettoyage, par exemple, se dégradent avec le temps, l’air, la chaleur et l’humidité. Ils ne restent donc pas éternellement efficaces. Voici quelques indications concernant leur temps de péremption :

  • Eau de Javel – 6 mois

  • Nettoyant tout usage : environ 2 ans

  • Détergent à vaisselle : jusqu’à 18 mois

  • Nettoyant pour vitres : environ 2 ans

  • Détergent à lessive : 6 mois à 1 an (après ouverture)

  • Tablette lave-vaisselle : 2 ans

  • Nettoyant pour sols : 2 ans

  • Adoucissant : 1 an maximum

  • Gel hydroalcoolique : 4 ans

7 Antibiotiques (dans beaucoup d’écloseries), dérivés chlorés (nettoyage de tanks/réservoirs), fongicides, ammoniaque ou encore permanganate de potassium (désinfection d’étangs et lacs) ...pour n’en citer que quelques-uns .

8 C’est-à-dire Anses/Ineris dans le cadre du Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air (LCSQA) et le réseau des Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA).

Quelle est le premier caractère du mot nwksfh ?

Fil RSS des commentaires de cet article