L’influence du changement climatique sur nos grandes crevettes

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Si à la ville, on ne se rend pas toujours compte des perturbations liées aux aléas du climat, à la campagne il n’en va pas de même.

     Sur plein de petites choses, détails, pratiques, le secteur primaire (l’agriculture, l’ostréiculture, l’aquaculture, etc.) doit faire face à des inconsistances qui proviennent essentiellement d’une météorologie pas toujours clémente. Lorsque vous avez des coups de froid ou de chaud intensifs à des périodes qui sont sensées faire tout le contraire, vous observez des perturbations inévitables dans les cycles biologiques surtout dans les cultures, croissance de plantes, floraison d’arbres, obtention des fruits, etc.

     De notre côté, nous observons également des anomalies dans l'élevage. Et cela nous pénalisent durement. Au début, nous ne nous en rendions pas tellement compte, mais avec le temps, force est de constater qu’il y a opérations qui sont de loin plus délicates aujourd'hui.

     Par exemple, la chaleur excessive favorise l’évaporation dans nos étangs et la salinité devient plus importante (même quantité de sel dans l’eau de mer, mais dans une quantité d’eau moindre). Par conséquent, cette concentration parfois excessive impacte sur la physiologie chez nos crevettes qui ont plus de peine à se développer ...ce malgré la présence de suffisamment d’aliment naturel. Cette difficulté de développement se répercute sur la taille à atteindre en fin d’élevage et le consommateur est parfois déçu de ne pas se voir offrir des crustacés de la taille habituelle, nettement plus imposante. Ceci est bien entendu totalement indépendant de notre volonté puisque toute perturbation climatique est la plupart du temps imprévisible (du moins à notre niveau planétaire, mais l’est en principe tout-à-fait normal au niveau cosmologique ; c’est que, sur ce dernier aspect, nous en connaissons tellement peu).

     Pourtant depuis 20 ans, nous continuons à respecter ce que nous avons toujours voulu faire : du beau, du naturel, du gastronomique en ne mettant que 2 animaux au mètre carré1, en leurs mettant à disposition un phytoplancton2 de qualité (par de bonnes pratiques) et en équilibre avec ce que l’environnement aquatique peut leurs offrir sans devoir compter sur des apports externes (engrais et aliments industriels).

     D’autre part, nous avons observé qu’au fil du temps, la résistance au transport s’est nettement dégradé :

Il y a 10 ans, nous n’avions aucun problème pour maintenir nos grandes crevettes vivantes durant deux à trois jours ...hors de l’eau avec notre conditionnement. À l’époque, un couple allemand nous avait même signalé qu’il y en avait toujours, des vivantes, après quatre jours de voyage entre notre ferme aquacole et leur domicile !

Il y a 5 ans, nous avions déjà constaté qu’il était déjà plus difficile de les maintenir vivantes après 48h seulement.

Mais aujourd’hui, nous observons qu’elles ne résistent plus hors de l’eau après 24 heures !

     Nous sommes donc obligés de prévenir la clientèle sur les deuxième, troisième et quatrième points de ventes lointains afin d’organiser leurs invitations (dégustations) familiales, ou entre amis, le vendredi soir et de venir chercher leurs commandes le vendredi après-midi/avant-soirée sur notre premier point de ventes (référence www.aquideas.fr ou .com). De cette façon, ils pourront avoir la certitude de recevoir des animaux bien vivants, gage de qualité maximum pour savourer un produit gastronomique unique.

     Toutefois, cela devient très problématique pour nous, car il en va de l’écoulement de nos produits d’élevage (rien ne sert de produire, si vous ne savez pas vendre). Car le but est tout de même de vous remettre des crevettes subtropicales "vivantes" et non congelées ayant été alimentées artificiellement comme à d’autres endroits, la plupart du temps en provenance de l’étranger.

     Quelques suggestions peuvent remédier à cet inconvénient, mais elles doivent être étudiées car elles engendrent des manipulations supplémentaires. En effet, pour le producteur, elles doivent rester rentables pour pouvoir les amener dans les régions éloignées.

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1 Cette densité est en accord avec l’estimation de la quantité d’aliment naturel trouvé dans chaque étang (claire) pour supporter ce que les crevettes peuvent manger à satiété (c’est-à-dire ce dont elles ont besoin pour se nourrir et subvenir à tous leurs besoins internes; il faut aussi savoir que les animaux sont bien plus raisonnables que les humains, car les premiers prennent généralement que ce qui leurs est nécessaire pour survivre, les seconds péchant bien souvent par excès sans en avoir réellement besoin).

2 Si bien évidemment les huîtres en sont totalement dépendantes, les crustacés le sont également au début de leur croissance. En fait, les crevettes impériales doivent acquérir leur riche pigmentation (les raies brunes et beiges de leur corps ; les rouge, bleu et jaune de leur jolie « queue »). C’est grâce aux caroténoïdes alimentaires trouvés dans le phytoplancton qu’elles peuvent former toutes ces colorations caractéristiques.

Quelle est le troisième caractère du mot k1wuhig5 ?