La force d’imaginer, de créer et d’y croire

Rédigé par Aquideas Aucun commentaire
Classé dans : Philosophie Mots clés : imaginer creer croire reve

     Tout n’est pas que technique dans la vie. C'est un cartésien convaincu qui vous le dit. Bien sûr sans la technique, bien des choses ne pourraient avoir lieu, mais il y a aussi le pouvoir d’agir, la force de persuasion, le caractère de vouloir oser, réaliser et surtout être convaincu de la démarche !

     Le monde ne se serait pas fait sans cette démarche qui semble abstraite pour les uns, trop risquée pour (beaucoup) d’autres, mais tellement présente chez une catégorie d’entrepreneurs. C’est grâce à cette démarche qu’on peut évoluer, trouver une raison d’être, réaliser des choses innovantes et même intéressantes pour la société.

     On peut rêver, mais le rêve peut en certaines occasions se concrétiser grâce à une volonté, si la démarche peut devenir réalité. Pour cela, il faut trouver le moyen d’en établir les bases. Une idée peut conduire à une manière d’y parvenir. En définissant la façon de construire son échafaudage, vous obtiendrez le moyen de matérialiser ce rêve.

     Dans l’enseignement supérieur, un cours m’avait donné quelques idées. Pourquoi ? Parce qu’il m’intéressait et était peu enseigné à l’époque. Pourtant, le professeur1 qui donnait ce cours n’était pas spécialement envoûtant pour emballer son auditoire, mais la matière était passionnante.

     Cette idée de vouloir en savoir plus a mûri petit à petit. Je me mis à penser : un jour, me suis-je répété, je produirai mes propres animaux aquatiques ...même si leur environnement (plus tard) n’a pas été ce que j’imaginais !

     Mais, le rêve allait encore durer bien longtemps ...sans jamais le perdre de vue !

     Deux ans plus tard, je travaillais déjà dans le secteur piscicole.

     Cinq ans plus tard, je constatais que mes connaissances dans ce domaine spécifique (l’aquaculture) étaient bien limitées. Pour devenir meilleur, je devais acquérir des bases plus solides, mais aussi une logique que je devais améliorer au contact de spécialistes expérimentés.

     J’ai ainsi quitté volontairement mon travail pour apprendre à mieux cerner l’activité. Et ne croyez pas, vous réfléchissez pour devoir quitter un travail bien rémunéré ! Mais pour être meilleur, il faut savoir faire le pas et prendre des risques (le risque a toujours fait partie dans ma façon d’aborder l’aspect professionnel). Pourtant, bien des interrogations se sont présentées à moi, notamment en me disant « suis-je encore capable d’étudier après plusieurs années d’engagement sur le terrain !? » Plusieurs ont essayé de m’en dissuader/de me décourager. Mais, j’étais convaincu de m’engager dans cette nouvelle étape. C’est aussi cela savoir ce que l’on veut dans la vie.

     Après avoir réussi les examens d’admission2 dans un American College dans une capitale européenne, j’ai été autorisé à poursuivre une formation académique dans une Graduate school aux USA3. Mon envie d’apprendre était énorme afin de mettre en place beaucoup de notions en partie déjà expérimentées : je me suis ainsi donné la force d’écoute et d’application ; j’ai ainsi assimilé et complété plein de données complémentaires pour être plus compétant. C’était vraiment passionnant d’autant plus que parmi les enseignants, plusieurs professeurs (tous des docteurs dans leurs spécialités) menaient parallèlement à l’université une production privée ...ce qui les rendaient crédibles (plus réalistes) dans leurs enseignements.

     Ensuite, il y eu une nouvelle année de travail au service de plusieurs bureaux de consultances et organisations internationales ...toujours en aquaculture et dans le secteur complémentaire, combien intéressant, des pêches en mer. Petit détail qui a son importance : ne croyez pas à nouveau que tout cela s’est fait aisément. Les missions d’expertises sollicitées se font selon des lois de sélection particulièrement discutables ...pas toujours dans l’intérêt direct des bénéficiaires (ce qui m’a beaucoup surpris). Il faut souvent bivouaquer entre contrats fort limités dans le temps et des périodes d’attente non rémunérées imposés par toutes ces organisations internationales. En effet, elles ont elles-mêmes de nombreuses contraintes administratives et privilégient toujours leur système (budgets, personnel, etc.). Comme la pression est souvent forte, on prend d’abord (1) les gens très diplômés (même si le choix n’est pas toujours judicieux), (2) les gens expérimentés (généralement les plus anciens), ainsi que (3) ceux qui ont des relations pour peser dans la balance des décisions (ce qui n’est pas toujours impartial).

     Comme un domaine d’expertise m’attirait particulièrement et qu’il avait un impact sur les financements, je me suis dit qu’il serait tout de même intéressant d’en savoir plus. Au même moment, un des plus grand groupes français en aquaculture privée me proposait des responsabilités relativement intéressantes. Mais encore une fois, j’ai préféré m’engager dans un troisième cycle académique/degré de spécialisation au Royaume-Uni4. Ici aussi, je ne l’ai pas regretté, car cela m’a permis de mieux cerner la nutrition des crustacés (crevettes), même si au début j’ai perdu un peu de temps pour aboutir à quelque chose d’applicable (plus tard) au sein d’un élevage devant être rentable !

     Après cette longue échappée éducationnelle, j’étais bien mieux armé dans les domaines aquatiques. De plus, les langues apprises les années antérieures ont toutes été utilisées pour les missions et nos ventes.

     Après une douzaine d’années de nouvelles assistance dans les pêches et en aquacultures, un problème de sécurité sociale a changé quelque peu ma trajectoire professionnelle et nous avons décidé de revenir en Europe.

     C’est seulement à moment-là, après avoir prospecté longuement sur nos propres économies, que nous avons décidé de nous lancer dans une entreprise aquacole familiale : l’élevage de crevettes subtropicales associé à un long affinage d’huîtres de Marennes, car les deux étaient parfaitement complémentaires.

     Un rêve vieux de pas mal d’années venait enfin de se réaliser. La seule différence est que sa réalisation s’était faite en eau de mer, alors qu’elle avait été imaginée en eau douce. AQUIDEAS était né et dure déjà depuis plus de 20 ans !

     Comme quoi parfois, il faut être très patient pour concrétiser des idées auxquelles on croît.

     Car souvent, si vous avez le temps, vous n’avez pas nécessairement l’argent et lorsque vous avez l’argent, vous n’avez plus de temps. Or, il faut les deux pour se permettre de monter sa propre affaire ...si possible sans (trop) compter sur le financement d’un agent prêteur (comme la banque).

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1 Lorsque vous avez déjà quelques années d’expérience pratique, vous repérez plus facilement les professeurs qui connaissent bien leur sujet et ont la fibre de savoir faire passer leur message. Mais si vous sentez qu’ils l’ont, choyez-les, n’hésitez pas à les fréquenter et demandez leurs plus que ce que leurs cours peuvent offrir: il y a toujours moyen de trouver une occasion pour les aborder et recevoir un complément d’information ou des références supplémentaires à consulter. S’il est compétant, il doit probablement en connaître beaucoup plus et tâchera de communiquer plus à l’étudiant qui porte de l’intérêt à son domaine.

2 TEFL (IELTS*) = Teaching English as a Foreign Language ou test obligatoire pour tout ceux dont la langue maternelle n’est pas l’anglais (* International English Language Testing System).

   GRE = Graduate school examination in proficiency for Advance Biology (compétence pour poursuivre des études en biologique avancée).

Ces deux examens de connaissances étaient évidemment donnés en anglais et avaient été préparés sérieusement.

3 Department (faculté) of Fisheries and Allied Aquacultures, Auburn University, Alabama, U.S.A.

4 Aux Marine Biology Laboratories, University College of Wales, Anglesey Island, Pays de Galles, U.K.

 

Quelle est le quatrième caractère du mot jlic4 ?

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